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Alertes et spoilers - Pour des raisons de violence et d'un contexte pouvant être effrayant ou choquant, nous déconseillons aux moins de seize ans de s'inscrire. Shingeki no Kyojin : Inner War se déroule après la fin de l'anime Shingeki no Kyojin / Attack on Titan / L'attaque des titans. Il contient donc des spoils sur la suite puisqu'il contient des éléments du manga ne figurant pas dans la série.
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 Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]

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MessageSujet: Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]   Mar 25 Fév - 21:29




Un …
Deux …
Trois …

Le bruit des gouttes d'eau tombant en rythme lui frappait régulièrement les tympans. Affolant les battements de son myocarde avant de se stopper, comme interrompues par un quelconque obstacle naturel que ses yeux ne parvenaient à voir. Clos. Paupières trop lourdes pour accepter de se soulever encore.

Un …
Deux …
Trois …

Le bruit des gouttes se rapprochait, au point qu'il pouvait sentir le liquide lui glisser sur le visage. Dévaler le long de sa joue comme l'auraient fait des larmes. Tièdes. Presque douces. Désagréablement collantes tandis que sa peau semblait comme s'en imprégner au grès de ce passage trop lent. Un instant, il eut envie de balayer ces importunes d'un mouvement de main, mais son bras semblait comme trop lourd pour être levé jusque là. Il se sentait si fatigué. Inexplicablement fatigué.

Un …
Deux …
Trois …

Le bruit s'était soudainement fait plus sourd. Comme si la chute des gouttes avait été interrompue à nouveau. Si loin. Et si proche à la fois. Ce qui n'empêchait toutefois pas son visage d'être de plus en plus poisseux de ce liquide qu'il sentait désormais glisser le long de ses bras, s'insinuant entre ses doigts qu'il bougeait doucement comme pour chercher à comprendre ce qui pouvait bien causer une telle sensation.

Où était-il ?
Question qui montait lentement mais sûrement dans son esprit tandis que ses membres engourdis commençaient à frémir, comme indisposés par une trop longue immobilité. Comme avides de s'animer de nouveau pour lui rendre sa liberté de mouvements. Pouvait-il seulement encore bouger ? Mobiliser un bras lui demanda certes un certain effort de concentration lorsqu'il tenta l'opération quelques instants plus tard, mais pourtant, il pouvait. Il pouvait. Presque, puisque sa main se retrouva bientôt arrêtée en plein vol par une étrange rencontre. Peau chaude et humide qu'il pouvait sentir du bout des doigts.

Il n'était donc pas seul ?
Le souffle tiède qu'il sentait n'était donc pas qu'un leurre de son imagination fatiguée. Sans doute était-il plus que temps d'ouvrir enfin les yeux. Pour voir. Pour contempler. Pour se figer sur un visage d'horreur qui étrangla un hurlement dans les tréfonds de sa gorge … .

« Et ben mon gars, faut voir la gueule que tu tires. »

Difforme.
Grotesque de laideur.
Incompréhensible d'illogisme lui brûlant oreilles et rétines comme si tous ses sens déniaient ce qu'il peinait même à supporter du regard. Lui brûlant bientôt la gorge tandis qu'un cri dépourvu de toute fierté jailli enfin de ses lèvres dans un élan de panique pure.

« Braille pas comme ça franchement, t'as l'air de quoi ? Fallait bien te douter qu'un jour ça arriverait, alors joue pas les mecs surpris.

- Je …

- Tu rien du tout pépère, ou plutôt tu te calmes et tu respires un grand coup, sinon tu vas bêtement crever en t'étouffant toi-même. Reconnais que ce serait juste très con, non ? »


Il entendait.
Il écoutait à peine.
Il ne comprenait absolument pas.

Impossible de ne pas se rendre compte que le visage horriblement déformé par la titanification était présentement le sien. Le sien … .

« T'es quoi putain ?!

- ''Qui'' aurait sans doute été plus flatteur, mais soit : je suis juste toi. Si tant est que tu te souviennes encore de qui tu es en tout cas … . »


Qui il était ?
L'incompréhension devait manifestement se lire sur son visage puisque ''son'' titan glissa bientôt un doigt dans sa direction pour lui tapoter doucement sur la tête. Comme pour l'exhorter à réfléchir enfin.

« Ce que tu es, mec. Tu sais ce que tu es, non ? »

Silence.
Stupeur.
Son esprit peinait tout autant à s'activer enfin que ses yeux à soutenir ce regard démesuré qui lui faisait face comme si c'était tout à fait naturel. Ce regard qui se glissa bientôt sur une main énorme qui vint agiter ses doigts juste sous son nez, comme pour l'inciter à faire de même.

Ses doigts ?
Ses mains …
Tachées de sang. Entièrement recouvertes d'amarante. Disparaissant aussi sûrement que son corps tout entier qui baignait déjà dans près d'un demi-mètre d’hémoglobine douceâtre. Écœurante.

Il était écœuré.  
Il était nauséeux.

« Ah ben écoute, il est plus temps de tirer une tronche comme ça, c'était avant qu'il fallait réfléchir. Avant de causer la mort d'autant de tes camarades. Avant d'aller tuer ce mec de sang froid. Maintenant, il est juste trop tard … . »

Trop tard … pourquoi ?

« Franchement le mieux pour toi, c'est de te laisser faire et de ne pas chercher à résister : tu vas juste rentrer dans ma nuque et te fondre en moi jusqu'à ne plus être qu'un titan. Tu vois, c'est pas plus compliqué que ça. »

De l'air … il étouffait.
Sa bouche grande ouverte n'aspirait plus aucun oxygène tandis que sa voix lui déniait tout service.
Ses membres s'engourdissaient tandis qu'ils ne semblaient plus jamais vouloir bouger.
Il étouffait …
Il étouffait !!!


~:~:~:~:~:~:~


« NON !! »

Sa cage thoracique se soulevait et s'abaissait tellement vite que côtes et poumons lui en faisaient physiquement mal, et Alyosius balaya un moment les environs d'un regard paniqué. S’abîmant un moment sur les silhouettes de la chambre faiblement éclairées par les rayons de la lune.

Un cauchemar. Il ne s'agissait que d'un cauchemar.
Dérangeant et viscéral. Ignoble et angoissant.
Mais simplement un cauchemar tout de même.

Il étouffait … .

Même réveillé, la sensation persistante de sa gorge obstruée continuait à le tarauder malgré les minutes à respirer le plus doucement possible. Cette chambre semblait lui renvoyer sans fin les images de son rêve aux allures de fin d'existence. Il avait besoin de sortir … .

Et enfilant rapidement un pantalon noir et un simple tee-shirt, Alyosius sauta aussitôt dans ses bottes mal fermée afin de sortir de là sans attendre. Ombre rapide traversant les couloirs jusqu'à quitter enfin le Quartier Général de la Garnison où lui et les siens avaient élu domicile le temps de leurs missions respectives à Trost.

Trost … ville de cauchemar … ou alors en passe de le devenir.

Ses pas nerveux eurent d'ailleurs tôt fait de l'éloigner enfin de ces bâtiments militaires qui commençaient lentement mais sûrement à lui taper sur les nerfs, et le jeune homme erra ainsi pendant quelques minutes.

Jusqu'à atteindre le fleuve. Tranquille et paisible à cette heure de la nuit.
Jusqu'à atteindre le fleuve. Au bord duquel il se posa avant de sortir une clope de sa poche et de l'allumer en silence. Illusoire illusion de contrôle sur la mort.


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Dernière édition par Alyosius Sarer le Mer 19 Mar - 11:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]   Jeu 27 Fév - 21:13

Avec l'appauvrissement des ressources que connaissait le pays et avec la terreur qui s'installait de plus en plus dans le cœur des gens, il était plus qu'évident que le taux de criminalité avait explosé de façon fulgurante. A l'heure actuelle, il valait mieux être un soldat constamment armé plutôt qu'un simple civile sans défense. C'était peut-être parce que cette idée me torturait sans cesse que je ne trouvais plus le sommeil depuis quelques temps. A vrai dire, j'étais du genre à me répéter des choses comme " Si tu étais au travail au lieu de dormir, tu pourrais peut-être sauver quelqu'un d'une bagarre, d'un raquette voire-même d'un meurtre. " et juste l'idée que des gens pouvaient avoir besoin de mon aide autour de moi m'empêchait littéralement de prendre le moindre repos. En même temps, la situation ici était telle que certains villageois de Trost auraient préférés mourir durant l'attaque des titans que de connaître cette pénurie toute aussi dévastatrice. Les prix étaient risibles tellement ils étaient élevés et personne ne mangeait plus à sa faim ces derniers temps. Trost avait été sauvé des titans pour mieux tomber dans une toute autre déchéance. Accablé par cette réflexion que je me faisais de plus en plus en fréquemment, je sortis de mon lit avec un air torturé. Bien que j'étais épuisé à un point inimaginable, tout en moi me criait que je ne devais pas céder et que je me devais de continuer à travailler. Passant une main sur mon torse pour écouter mon cœur fatigué, je finis par me mentir à moi-même et me persuadai que je n'allais patrouiller dans les rues que durant une heure au grand maximum. J'enfilai donc mes habits de militaires et sortis de ma petite chambre.

Dehors, la lune brillait déjà et personne ne paraissait avoir le courage de mettre un pied de dehors. Ou peut-être que comparé à moi, des personnes étaient encore aptes à aller se coucher le cœur léger, plein d'espoirs pour le jour suivant.  Comme à mon habitude, je me rendis directement vers les endroits que je savais " à risques. " Par esprit d'économie, je n'utilisais pour ainsi dire pas l’attirail tri-dimensionnel et me contentai de courir vers l'endroit vers lequel je désirais me rendre. Je tentai toujours de varier le plus possible mon trajet pour que les criminels ne puissent pas deviner où et quand j'allais passer. Alors que je faisais ma ronde, je remarquai très vite que cette nuit allait être très calme. Je ne croisais pas un chat et il y avait un silence presque religieux dehors. Bien que je fus un peu soulagé, je ne pus me retenir de penser que peut-être que tout le monde était bien trop faible et affamé pour perdre le peu d'énergie qu'ils leur restaient pour se livrer à une quelconque activité de vandalisme.

Je patrouillais depuis maintenant bien plus d'une heure, pertinemment conscient que je n'avais pas du tout été raisonnable depuis ces dernières semaines. Plus je marchais et plus j'avais le sentiment que mes jambes ne touchaient plus le sol alors que les maisons autour de moi s'étaient lentement mises à tourner comme les chevaux d'un carrousel. J'avais bel et bien trop négligé ma santé et le manque de sommeil pouvait réellement devenir des plus nocifs lorsqu'on ne se reposait jamais. Je peinai à tenir droit et décidai de m'asseoir quelques secondes.

Par chance, malgré la confusion mentale dans laquelle je me trouvais, je reconnus les environs de la rivière et me rapprochai de ses abords le plus rapidement possible. La rivière était toujours fidèle à elle-même, calme et mélodieuse. Je me dis que je pouvais m'assoupir quelques minutes avant de retourner au quartier général de la garnison de Trost pour enfin me laisser aller au sommeil un tant soit peu. Bref, Je me laissai tomber sur le bord de la berge puis essayai de conserver les yeux ouverts pour ne pas m'endormir d'une façon aussi ridicule. De plus, il aurait été dangereux pour un militaire de baisser complètement sa garde vu la récente popularité de l'armée auprès du peuple qui montrait de plus en plus de signes de rébellion face à l'état.  Alors que je me giflai avec force pour récupérer mes esprits, une légère odeur de tabac vint à mon nez. J'étais exténué à un point ou je n'avais même pas remarqué la présence qui se tenait à quelques mètres seulement de moi. La nuit cachait nos visages et la lune ne me permis pas de voir clairement le visage de celui assis un peu plus loin. Tout ce que j'aurai su en dire, c'est qu'il avait l'air d'être un jeune homme aux cheveux bruns tout comme moi. Il ne me regarda pas de suite et peut-être ne m'avait-il même pas encore remarqué. Alors que je me relevai un peu pour me rapprocher de lui, je sentis quelque chose de désagréable dans l'air. J'étais sûrement trop instinctif, mais ce garçon possédait une aura qui me dérangea au possible. Quelques pas plus tard, je me retrouvai à coté de lui, tenant difficilement sur mes pieds. Je lui demandai d'une voix à la fois sérieuse mais un peu faible due à mes propres problèmes :

« Excusez moi mais, vous n'avez pas l'air bien, est-ce que je peux vous aider monsieur ? - plus proche de lui, je remarquai également qu'il ne possédait aucun insigne militaire. - Vous savez, les civils ne devraient pas sortir à une heure pareille, vous vous mettez en danger en agissant ainsi. »

J'attendis sa réponse alors que l'inconnu continuait de fumer tranquillement sa cigarette. Je m'accroupis et commençai à perdre connaissance. Je mis mes main sur mon visage et tentai de garder figure humaine devant l'homme. Qui étais-je pour proposer mon aide à quelqu'un alors que j'étais moi-même en train de défaillir ?


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MessageSujet: Re: Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]   Jeu 27 Fév - 22:13




Les volutes de fumée grise montaient lentement dans l'atmosphère silencieuse de Trost. S'élevant tantôt à la verticale, tantôt dans d'erratiques tournoiements lorsque la légère brise nocturne se frayait un chemin jusqu'à lui et jusqu'à sa cigarette. Rougeoiement hypnotique du papier fin se consumant tandis que le filtre n'avait plus touché ses lèvres depuis quelques minutes déjà.
Comme abandonné.
Comme oublié.

La brume de nicotine n'avait eu comme effet que de tomber telle une chape de plomb sur ses poumons déjà malmenés par l'angoisse, aussi Alyosius avait-il préféré ne pas en prendre une bouffée supplémentaire. Pour un moment. Un moment s'éternisant tandis que son regard fatigué s'était d'ors et déjà perdu dans un au-delà que l’œil humain ne pouvait même pas espérer toucher. S'y insinuant par d'innombrables portes toutes synonymes du spleen le plus profond dans lequel il était en train de se noyer en toute complaisance … .

La fumée de sa clope.
L'eau sale du fleuve, charriant tout autant de bateaux que d'immondices.
Les nuages sombres se déchiquetant lentement sur la ligne d'horizon stoppée nette par le mur.

Qu'était-il ? Qui était-il ?
Tout onirique qu'elle fût, cette question lui taraudait tout de même l'esprit au point de l'agiter, le replongeant directement dans ses souvenirs de cette soirée. Cette soirée où il avait tué un homme. Tranchant sa gorge d'un coup de couteau net tout autant qu'il avait tranché sa vie sans aucune chance de pardon ni de rédemption. Les méritait-il d'ailleurs ? Sarer aurait pu jurer que non tant ce mec qu'il avait lui-même assassiné n'était qu'un déchet tout juste bon à crever, mais près d'une semaine plus tard … il hésitait.
Qui était-il pour juger du destin d'un homme ?
Qui était-il pour dispenser condamnation ou pardon tel un dieu d'égotisme ?
Égotiste. Il avait été si égotiste pour commettre un tel acte. Pas qu'il le regrettât, pas qu'il n'estimât plus sa cause, mais simplement se retrouvait-il à douter des moyens employés. Encore une fois.

En tuant un humain, il avait l'impression d'avoir déchiré sa propre âme …
D'avoir été trop loin …
D'avoir franchi un pas de trop. De trop … .

CLANG

Un bruit métallique venait de retentir à quelques mètres de lui, et Alyosius tourna lentement son regard vers la source de ce dérangement. Ne pouvant retenir un soupir dépité en reconnaissant un soldat de la Garnison qui se trouvait à quelques mètres de lui. Encore un soldat de la Garnison, même si au moins, ce n'était pas le connard de l'autre fois. Quoi que, celui-là pouvait bien être du même acabit, aussi le jeune homme choisit-il de l'ignorer le plus consciencieusement du monde. Peut-être serait-ce suffisant pour que ce glandu ne l'abordât même pas ?

Mais en vain … .

Quelques minutes plus tard, l'importun se leva pour finalement se porter en direction de Sarer, mais ce dernier ne lui accorda pas davantage d'attention pour autant. Recommençant à tirer sur sa clope aux trois quarts consumées tout en ne l'écoutant que vaguement.
Il n'avait pas l'air bien ? Mais qu'est-ce que ça pouvait lui foutre franchement ?!
D'autant plus lorsque le bon samaritain avait une voix si traînante que sa gueule devait au moins être aussi décalquée que la sienne. Hypocrisie. Sens du devoir largement décati et tout autant perverti par des années à s’enivrer d'une illusoire protection. Si Alyosius n'avait pas été si claqué, sans doute lui aurait-il rentré dans le lard pour lui signifier que son rôle était de protéger l'Humanité et non pas de jouer les curés de bonnes femmes tout juste bons à soulager leurs âmes de leurs petits malheurs quotidiens.

Mais claqué, il l'était.
Tant et si bien qu'il se contenta finalement de se pencher légèrement en arrière afin de lever une de ses jambes, mettant ainsi en valeur l'une de ses bottes brunes d'uniforme afin de lui faire comprendre qu'il n'était pas un civil. Ses pompes n'indiquaient toutefois pas son corps, aussi se fit-il une joie de le lui préciser quelques secondes plus tard et d'une voix laconique.

« Section d'Exploration. »

En théorie, ça devait tout dire. Tout sous-entendre. Tout déclencher.
Et ce même si Sarer se fit une joie d'en rajouter tout de même une petite couche, sale petit con toujours en colère qu'il était.

« Pas besoin de te forcer à être aimable donc, tu peux te contenter de cracher ton commentaire et de te barrer. »

Tout rageux qu'il était, Alyosius s'était toutefois assuré d'un coup d’œil que son indésirable interlocuteur n'était pas un officier susceptible de lui occasionner des problèmes, passant ainsi à un tutoiement assez rude sitôt qu'il avait constaté que ce n'était pas le cas.
Après tout, on ne le payait pas pour effectuer ronds de jambes et politesses … .


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Garnison
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MessageSujet: Re: Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]   Mer 19 Mar - 11:08

Malgré la fatigue qui m'accablait de plus en plus, je sentis l'adrénaline monter en moi à la réponse de l'autre homme. Pourquoi souhaitait-il à tout prix qu'il y ait un conflit entre nous deux juste parce que nous n'appartenions pas à la même section. Bien qu'en colère, mes émotions restaient comme confinées dans mon corps trop épuisé pour montrer le moindre signe d’agressivité. Les épaules vers l'arrière et les bras tombants, je pris mon ton le plus désabusé avant de répondre à l'autre soldat :

« Pourquoi semblez-vous autant tenir à ce que l'on se cherche la bagarre ? - soufflai-je vers le vide - Je sais bien que la section d'exploration et la garnison ne sont pas de grands amis mais pour autant, pourquoi faudrait-il qu'on s'en prenne l'un à l'autre alors qu'on ne se connaît même pas. Je trouve ça crédule et stupide de suivre ce type de clichés juste sous prétexte qu'ils existent. - je laissai une seconde en flottement avant de poursuivre. - Je pense que chacune des sections à un rôle particulier à accomplir et que se comparer les unes aux autres, c'est vraiment dénué de sens. Puis, les civils n'ont pour ainsi dire plus  du tout confiance en nous, le moins qu'on puisse faire, c'est de montrer un minimum de cohésion entre nous pour remettre le peuple en confiance. »

Je n'attendis aucune réponse de sa part et poursuivit mon petit monologue. Je crois que je ressentais plus le besoin de m'entendre le dire que de le déclamer à ce soldat :

« Et puis, vous savez, en dehors du fait que nous sommes plus aptes à nous défendre que les civils, nous ne sommes pas pour autant plus en sécurité par notre rang. Comme je viens de vous le dire. - je tenais à garder quelques formes de politesses pour conserver une certaine distance entre nous. - Les citoyens reportent leur colère sur l'état et sur ceux qui travaillent pour lui. Se balader seul en pleine nuit en devient donc dangereux pour tout le monde, nous inclus. Et si vous pensez qu'il vous suffira de coller un pain au premier qui vous embêtera, vous avez tort. Vous ne ferez qu'attiser la haine qu'ils ont pour l'armée. »

Pourquoi les différentes sections se sentaient-elles toujours le besoin de se cracher les unes sur les autres ? La situation était déjà des plus chaotiques, pourquoi fallait-il de surcroît que les hommes se révèlent tout aussi affreux et méprisables que les titans ? Ce gars était l’archétype même du soldat qui ne réfléchissait pas par lui-même et qui se contentait de recracher les clichés et autres conneries qu'on lui avait raconté au coin d'une rue. Je serrai les poings en repensant aux doux idéaux auxquels je croyais en m’enrôlant dans l'armée. Je rêvais d'un corps d'armée uni, d'un gouvernement protecteur et d'une cohésion entre tous les survivants de la race humaine. Et où en étions nous à l'heure actuelle ? contraints de jouer la police pour que les humains ne s'égorgent pas les uns les autres pour une miette de pain ou une goutte d'eau, obligés de se méfier d'un gouvernement qui semblait posséder plusieurs visages pour manipuler son peuple. La colère me secoua le cœur tant elle monta en moi avec férocité. Je respirai longuement et repris peu à peu mes esprits. Plus le temps passait et plus les " murs protecteurs " paraissaient devenir les cloison d'une prison, où chaque humain pêchait sans le moindre remord, sans la moindre culpabilité.

Me doutant que l'autre homme à la cigarette serait peu enclin à prendre mes conseils et avertissements au sérieux, je pris décision de ne pas attendre une quelconque réponse de sa part et me préparais à rebrousser chemin. De toutes manières, à l'intérieur des murs, tout le monde se forgeait sa propre philosophie et devenait incapable d'écouter la façon de voir des autres, comme ancré à ses propres idées pour ne pas perdre pieds. Tournant le dos au soldat de la section d'exploration, tout ne se déroula pas aussi facilement. Quand je me retournai, je fus pris par un énorme maux de tête et l'une de mes jambes me lâcha jusqu'à me faire chuter le genou à même le sol. Un brin paniqué, je repensai à toutes les nuits que j'avais passé hors de ma chambre et il n'y avait aucun doute que tout était lié à ces nuits blanches - que dis-je - à mes semaines quasiment blanches. Et un à un, tous mes membres m'abandonnèrent et tombèrent au sol comme des poids morts. Je tentai de reprendre le contrôle mais mon corps était immobile tel un pantin. Le visage posé sur l'herbe, le monde tournait si vite que je fus contraint de fermer les yeux. Que s'est-il passé ensuite ? Je sentis une vague de honte à l'idée que ce mec me voit perdre connaissance ainsi.

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MessageSujet: Re: Ceux que nous sommes [PV Nikolaï] [J+24]   Sam 22 Mar - 9:51




Depuis quand avait-il changé ?
Depuis quand catégorisait-il les soldats par corps d'armée ?
Depuis quand était-il devenu assez stupide pour oser débiter une connerie comme celle qui venait de sortir de sa bouche il y avait quelques secondes seulement ? Pour oser rembarrer un mec simplement parce que le blason qu'il arborait était différent du sien ? Les paroles de son interlocuteur lui tirèrent un lourd soupir, mais ce dernier n'était malheureusement dû ni à l'agacement ni au dédain. Ou en tout cas pas à l'encontre de cet homme qui se tenait tout près de lui. Ou en tout cas pas à l'encontre de ces paroles chargées de bon sens et qui tombèrent telle une chape de plomb sur les épaules d'Alyosius. Stupide. Il était juste devenu stupide à s'en cogner la tête dans un mur pour abréger sa propre bêtise.

Depuis quand avait-il changé ?
Depuis quand se laissait-il abattre de la sorte ?
Le simple fait de se poser cette question suffisait à l'irriter, parce qu'il le contraignait à se souvenir de cette soirée d'il y avait cinq jours. Cette soirée désormais source de cauchemars plombant ses nuits déjà agitées pour le culpabiliser à raison. Cette soirée qui lui laissait les côtes aussi douloureuses que ses pensées étaient amères. Simple évocation qui fut d'ailleurs suffisante pour le pousser à porter une main en direction de son flanc droit afin de masser son côté qui le lançait toujours. Le gênant à chaque mouvement trop brusque ou chaque respiration trop profonde. Le gênant presque en tout temps d'ailleurs. Lui rappelant cette soirée aussi sûrement que les traces de coup qui marquaient encore son visage. Ce n'était même pas de l'humiliation qu'il ressentait, c'était bel et bien de la colère … .

Finalement, il n'avait pas réellement changé, il avait plutôt cristallisé ses émotions négatives toutes entières autour d'un seul et même mec qui s'était révélé être le déclencheur de toute sa colère, de toute sa rancœur et de toute sa culpabilité. Incarnation vivante de cette soirée qu'Alyosius peinait réellement à assumer.

Parce qu'il avait tué un homme de ses mains.
Parce que ses actes en avaient condamné un second.
Parce que tout décidé qu'il fût, il se sentait coupable.

À ce stade-là, blâmer un autre que lui-même était encore la meilleure des solutions pour réussir à ne pas trop se tourmenter. Tout autant que se chercher des vaines excuses. Tout autant que de tenter d'oublier purement et simplement. Et ce même si tout en Trost - de ses soldats de la Garnison jusqu'à ses rues - suffisaient à lui renvoyer ses actes en pleine figure … . Finalement, les mecs gonflés d'air et prétendant que tuer quelqu'un était facile n'étaient que des abrutis finis et trop immatures. Pour même le concevoir. Pour même espérer l'assumer.

« T'as pas tort, mais … . »

Mais Alyosius n'eut pas le temps de s’épancher davantage - tant pour lui-même que pour répondre à son interlocuteur - qu'il vit celui-ci s'écrouler lourdement sur le sol ! Le teint soudainement pâle tandis que ses paupières s'étaient crispées pour se fermer. En un instant, Sarer s'était d'ailleurs porté à sa hauteur afin de l'allonger sur le côté, vérifiant qu'il respirait toujours comme dans un réflexe avant de chercher à se réveiller.

« Hey mec, ça va ? Dis quelque chose ! »

Instant de panique. De doute.
Il connaissait certes les gestes de premiers secours pour les avoir appris lorsqu'il était recrue, mais ce n'était pas pour autant qu'il savait gérer un évanouissement … comment allait-il bien pouvoir réveiller ce mec ?! Lui mouiller le visage à l'eau froide serait peut-être une bonne idée, et Alyosius parcouru alors le petit mètre le séparant de la berge avant de plonger ses mains placées en coupoles dans l'eau, recueillant un peu de liquide dans le creux de ses paumes qu'il vint aussitôt verser sur cette figure.

Réveille-toi bordel ! Réveille-toi, réveille-toi, réveille-toi !

Il n'en n'était pas encore à paniquer, mais la situation ne le mettait pas à l'aise pour autant ! En plus à cette heure de la nuit, il n'y avait absolument personne dans les rues qui pût lui apporter un coup de main. Quoi que, c'était peut-être mieux parce que si quelqu'un le retrouvait ainsi près du corps inanimé d'un soldat, il risquait bien de visiter à nouveau les geôles de la caserne … .

« Allez mec, ouvre les yeux. Faut que tu te réveilles là. »

Vu sa carrure, il n'allait de toutes manières pas pouvoir le porter jusqu'au Quartier Général à moins de le traîner comme un poids mort, ce qui ne pourrait porter qu'encore plus à confusion ! Il était quand même vernis ces derniers temps … .


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